DATA-DOCK, une contrainte et une opportunité

juin 26, 2017
photo fa blog ak(113)

Data-Dock est une base de données qui deviendra, à terme un moyen de sourcing des professionnels de la formation. Ce nouvel outil, bien souvent perçu comme une nouvelle contrainte, est aussi une opportunité de nous faire connaître et reconnaître. Que devons-vous faire ? Montrer en quoi nos pratiques sont conformes aux attentes du décret sur la qualité de la formation professionnelle continue, sur le fonds, mais aussi dans la forme.

Le financement de la formation

Pour être financée par les fonds de formation et être qualifiée d’action de « formation professionnelle », une prestation doit répondre à plusieurs critères dont 4, essentiels sur le fonds :

  1. Permettre la qualification d’une personne, son employabilité et donc, être transférable facilement dans un autre contexte,
  2. Permettre d’acquérir des compétences clairement identifiées, c’est l’objectif de formation,
  3. Transmettre des savoirs et des savoir-faire évaluables, également identifiés : ce sont les objectifs pédagogiques,
  4. Faire l’objet d’une évaluation visant à prouver l’acquisition des compétences acquises.

Les actions qui ne répondent pas à ces critères sont nommées « conseil » ou « coaching ». Elles sont tout aussi valables mais ne sont pas finançables par les fonds publics de la formation professionnelle car elles ne visent pas l’employabilité ni la qualification de l’individu mais plutôt sa performance ou celle de l’entreprise.

Tandis que le conseil et le coaching reposent sur la créativité propre à l’organisme qui procède comme il l’entend, la formation professionnelle continue a fait l’objet, depuis les années 80, d’un travail d’analyse des processus et de clarification des terminologies dont le but est de disposer d’un vocabulaire normé facilitant la lisibilité des pratiques et donc, leur qualité en France comme dans les autres pays.

La réglementation de l’activité de formation professionnelle

S’agissant de fonds publics, il existe une réglementation dont la DIRRECTE, à travers les services régionaux de contrôle, assure la mise en œuvre et le contrôle. Cette réglementation évolue fortement, notamment en 2004 et en 2014. Lire la suite…

La réforme de 2014

Déjà en 2004, une première réforme avait affirmé la nécessité de faire en sorte que la formation financée par les fonds publics favorise la qualification des salariés et leur employabilité.

Pourtant, dès 2006, le sénat évalue les résultats du dispositif de formation professionnelle au niveau national et juge les effets globalement décevants, au regard des 37 M d’euros qu’il gère. Les principaux reproches qui lui sont fait sont de ne pas favoriser la qualification et l’employabilité des jeunes et des demandeurs d’emploi et de financer des formations « qui ne servent à rien » ou qui profitent à des personnes déjà formées. Lire le rapport du sénat…

Dix ans plus tard, la loi de 2014 modifie et renforce le système dont les buts sont clairement affichés :  permettre à tous, demandeurs d’emploi compris, de bénéficier d’un système de formation tout au long de la vie, simplifier la gestion du système et valoriser la qualité des organismes de formation.

On souhaite en particulier, faire en sorte de distinguer clairement les organismes qui relèvent du système de formation financé par les fonds publics et ceux qui relèvent du secteur du conseil, libre et non réglementé et améliorer ainsi la lisibilité de l’offre de formation. Les prestataires vont devoir choisir d’appartenir à un secteur ou à l’autre. Les marchés ne seront pas les mêmes, les opportunités et les obligations non plus.

La qualité en formation

Afin de clarifier ce qu’on attend d’un organisme de formation, différents textes et documents sont publiés par les acteurs institutionnels du secteur. Les OPCA se sont réunis pour afficher clairement les critères et indicateurs qualité, tels qu’on les retrouve dans DATA-DOCK. Le décret sur la qualité de la formation d 30 juin 2015 précise les choses. Lire la suite…

Certains proposent sur leur site des outils pour aider les prestataires à formuler leur offre et leurs documents dans le langage et avec la méthodologie qui convient. Citons-en quelques-uns :

Le CARIF OREF quant à lui est missionné pour mettre à disposition du public toute l’information sur la formation professionnelle. C’est au moyen de sa base de données SOFI qu’il offre au public un répertoire complet des organismes de formation.

Le décret sur la qualité a pris effet en janvier 2017, il est exigé des organismes de formation de prouver la qualité de leurs pratiques et leur conformité avec les exigences de la réglementation et celles du décret sur la qualité.

Qu’est-ce que la qualité en formation ?

On s’accorde à définir la qualité comme la capacité d’un organisme à répondre aux exigences de ses clients. A mon avis, la preuve de la qualité se fait naturellement par l’observation du développement du chiffre d’affaires. La plupart des formateurs exercent avec succès depuis de nombreuses années.

Il existe un paradoxe : Les « gros » organismes ont développé la qualité de leurs processus, pas toujours celle de leurs programmes, de leurs pédagogie ou de leurs prestataires. Les « petits » ont développé la qualité de leurs programmes, de leurs suivi, de leur animation, souvent peu ou pas, celles de leurs processus, qui pour certains, sont inexistants. Rappelons par ailleurs que notre système de formation, très franco-français, n’existe nulle part ailleurs. Pour autant, nous ne doutons pas que les collègues des pays voisins fassent de la qualité. La question n’est donc pas là.

Faire de la qualité ou prouver qu’on le fait ?

Le problème n’est pas là non plus. Il est dans la non-maîtrise des terminologies et de la règlementation : Dans la capacité des prestataires qui ne maîtrisent pas les concepts ni le vocabulaire de l’ingénierie de formation, de formaliser leurs pratiques dans les termes adaptés. La plupart rencontrent des difficultés de mise en forme, voire de formulation de leurs documents, pas de leur expertise. Rappelons au passage que les services de contrôle de la DIRRECTE ne sont pas compétents pour juger de la pédagogie, ils statuent seulement sur la conformité des documents remis avec la réglementation.

L’extrait de la NORME AFNOR X50-750 sur les terminologies de la formation, proposée par la Direction de la Formation Professionnelle Continue de Nouvelle-Calédonie est un bon résumé… Lire la suite…

Voir aussi notre SUPPORT DE FORMATION « LES FONDAMENTAUX DE L’INGÉNIERIE DE FORMATION » qui traite du processus d’ingénierie.

Il est aussi dans l’absence de documents écrits et de procédures : la plupart d’entre-nous évaluent la satisfaction de leurs clients, sans quoi, ils ne pourraient améliorer leurs prestations en continu, mais ils le font oralement, ce qui n’est pas conforme aux exigences du décret. Étant les seuls à intervenir, ils n’ont pas pas besoins de processus formalisés tels qu’ils existent dans les gros organismes.

3. Le problème se situe enfin dans le fait que, si nous travaillons en sous-traitance, nous sommes exclus la plupart du temps du suivi post formation, cette fonction étant réservée au maître d’œuvre.

Une inquiétude légitime

Certains sont inquiets, voire affolés à l’idée de ne pouvoir parvenir à renseigner DATA-DOCK. Pourtant, il n’y a pas d’inquiétude à avoir mais il va peut-être falloir du temps pour reconstituer l’ensemble des documents attestant de leurs bonnes pratiquesLe but de DATA-DOCK n’est pas d’éliminer les prestataires mais de les identifier et de valoriser leur qualité. Il existe plusieurs façons de se faire aider :

  • Par les OPCA dont c’est la mission de vous renseigner,
  • Par une quantité de ressources disponibles sur internet,
  • Par l’aide de professionnels de la formation, tels que nos clients, gestionnaires ou prestataires de formation qui connaissent bien le sujet. (Tous ceux qui ont suivi une formation de formateur professionnel connaissent bien le sujet).
  • En s’adressant au CARIF de notre région, dont c’est la mission de nous aider,
  • Par les examinateurs de DATA-DOCK eux-mêmes, qui sont disponibles pour répondre à nos questions.

Quelles sanctions ?

Aucune sanction n’est prévue si l’on renseigne mal DATA-DOCK mais il n’en n’est pas de même si l’on fait de fausses déclarations. Si les formulations ou les documents ne sont pas conformes, les examinateurs nous demandent de revoir notre copie et nous disent comment faire. Nos prestations ne seront pas financées par les OPCA tant que tout ne sera pas conforme, rien de plus.

Pour être accompagné, lire le programme DATA-DOCK, la formation. Lire la suite…
Voir nos autres thèmes de formation « spécial métiers de la formation ». Lire la suite…

A bientôt,

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